Les Rouges Vifs ne sont pas d'extrême gauche !

Publié le par Serge THUILLIER

Billet d'humeur
Les Rouges Vifs
ne sont pas d'extrême gauche !


Depuis l'annonce de la constitution de la liste citoyenne pour une alternative anticapitaliste, sociale et démocratique, les médias, et en premier lieu Sud Ouest, entretiennent l'idée que les Rouges Vifs se situent à l'extrême gauche. Ce n'est pas innocent.

Les Rouges Vifs sont résolument communistes. La liste à laquelle ils ont décidé de participer, ils en ont été à l'initiative dès le mois de juillet. Ce n'est pas une liste présentée par la LCR et/ou par les Rouges Vifs Gironde mais soutenue par la LCR et les Rouges Vifs Gironde.

Notre plus grand regret est que la PCF n'ait même pas daigné nous répondre et qu'il ait fait le choix de s'allier avec les caciques de la gauche caviar, pour des raisons d'appareil, de basse stratégie politicienne, et qu'il n'a pas voulu rompre avec cette opposition de pacotille, consensuelle, voire de co-gestion, dans laquelle il s'est englué.

La liste à laquelle participent les Rouges Vifs n'est ni la liste LCR, ni la liste LCR-Rouges Vifs. C?est une liste ouverte composée de citoyennes et de citoyens, issus du monde du travail, salariés, retraités, chômeurs.. militants associatifs, syndicalistes, adhérents de la LCR ou non, des Rouges Vifs Gironde ou non, sympathisants du mouvement antilibéral, sympathisants ou anciens adhérents du PCF, etc.

La liste est conduite par Emmanuel Bichindaritz, militant de la LCR, et Josiane Bordas, membre fondatrice des Rouges Vifs Gironde.

Mais ce qui intéresse les médias, c'est la tête de liste et uniquement la tête de liste... Enfin, c' est ce qu'ils nous disent.

C'est une liste commune mais elle n'est pas monolithique. Elle est diverse... (mais surtout pas « plurielle »).

Les Rouges Vifs n'y perdent ni leur âme, ni leurs idées, ni leur programme, ni leurs convictions.
Les Rouges Vifs  ne sont pas la caution de l'extrême gauche. Ceux qui voudraient le faire croire font le jeu de la droite et de ses alliés de circonstance.

Aujourd'hui, aucune force politique n'exprime le point de vue du monde du travail.

Ce rôle, le PCF l'a tenu pendant des années. Ce n'est plus le cas aujourd'hui.

Le rejet constant par le peuple depuis 1981 de la politique d'austérité menée par tous les gouvernements, les nombreux mouvements sociaux, ne trouvent aucun débouché politique positif.

C'est pour réagir face à ce vide que des militants et sympathisants communistes ont créé Rouges Vifs Gironde.

Notre but n'est pas de nous mêler aux jeux des tendances qui se disputent le peu qu'il reste de l'appareil du PCF, ni d'être un groupuscule à phraséologie anticapitaliste de plus.

Notre but est d'exprimer un point de vue communiste réel, en lien avec le mouvement populaire, dans la perspective de la renaissance d'une force politique qui défende le monde du travail, exprime son point de vue, porte une alternative à la domination du capital.

Cette force ne naîtra pas de shows médiatiques autour de personnalités ou de notables : elle ne peut se construire que dans les luttes, au quotidien, en construisant ensemble, à partir d'elles, une perspective politique.

C'est pour cette construction qu'après les élections cantonales de 2004, nous avons décidé de constituer Rouges Vifs Gironde.

L'accumulation des renoncements, le souci prioritaire des intérêts électoraux à court terme, la capitulation sans conditions devant l'idéologie dominante, ont conduit le PCF à ne plus être qu'un supplétif du PS. Cette élection municipale anticipée en est un nouvel exemple.

Certains voudraient nous faire croire qu'aujourd'hui ce rôle serait tenu  par l'extrême gauche.

C'est une illusion que la droite et le PS ont intérêt à entretenir.

Les candidats d'extrême gauche aux élections peuvent rallier les voix d'électeurs mécontents. Mais pour en faire quoi ?

Malgré leurs incantations anticapitalistes, ils ne portent aucune contestation réelle du système.

Avec Rouges Vifs Gironde nous avons fait le pari qu'un point de vue communiste peut se développer s'il est en prise réel avec les problèmes des gens pour y apporter des solutions durables donc anticapitalistes et contribuer ainsi à la reconstruction d'une organisation communiste en résonance avec les attentes du 21ème siècle.

La participation au gouvernement Jospin n'a rien amélioré pour le peuple, le PCF a participé à la trahison des promesses de 1997. Il est donc normal que le PCF ait été le plus durement sanctionné par les milieux populaires.

Mais nous croyons qu'il est encore possible de "remettre le parti communiste sur les rails de la lutte des classes"

Ce n'est pas gagné.

Les communistes bordelais, ceux du PCF, ont une nouvelle fois fait le choix d'apporter leur caution au PS... pour battre Juppé ! ? Pour porter un autre projet politique, antilibéral, social, démocratique... ou simplement pour faire élire le duo comique Respaud-Delaunay en essayant de sauver leurs deux sièges au conseil municipal ?

Qui sait si demain Michèle Delaunay - qui lors des législatives partielles contre Hugues Martin revendiquait une légitimité emprunte de chabanisme  - ne ralliera pas Alain Juppé comme vient de le faire François-Xavier Bordeaux, ex-chef de file des socialistes bordelais et ex-conseiller de Bérégovoy ? A vendu, vendu et demi ! Il suffirait peut être qu'il lui propose de faire de Bordeaux un laboratoire médical ?

Publié dans Municipale 2006

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